Genève, du cortège festif aux flammes d’une Tesla
Au départ du parc Mon-Repos, l’atmosphère ressemblait davantage à une grande mobilisation citoyenne qu’à une manifestation sous haute tension. Des familles avec enfants, des militants syndicaux, des collectifs écologistes, des associations féministes et des délégations venues de toute la Suisse et des pays voisins se retrouvaient dans une ambiance détendue. Tambours, slogans, drapeaux et discussions animaient les allées du parc. Les organisateurs espéraient faire de cette journée un moment fort de contestation contre le G7 tout en démontrant qu’une mobilisation de grande ampleur pouvait rester pacifique.
Selon les estimations avancées avant le cortège, les autorités et les organisateurs s’attendaient à plusieurs dizaines de milliers de participants. Certains médias évoquaient jusqu’à 50’000 personnes dans les rues genevoises.
Pendant plusieurs heures, le défilé s’est déroulé sans incident majeur. Mais à mesure que la soirée avançait, l’ambiance a changé. Des groupes vêtus de noir se sont progressivement détachés du cortège principal. Les premiers actes de vandalisme ont alors été signalés. Des vitrines ont été prises pour cible, du mobilier urbain a été endommagé et une voiture Tesla a été incendiée. Des dégradations ont également été commises sur plusieurs bâtiments.
Face à ces violences, la police est intervenue afin d’empêcher les débordements de gagner d’autres secteurs de la ville. Des affrontements ont éclaté par endroits entre casseurs et forces de l’ordre. Le parcours initialement prévu a été perturbé et l’esprit festif du début de manifestation a laissé place à une atmosphère beaucoup plus lourde, marquée par les fumées, les sirènes et les mouvements de foule.
Pour beaucoup de Genevois présents ce jour-là, le contraste restera l’image forte de cette manifestation : d’un côté des milliers de personnes venues exprimer pacifiquement leurs inquiétudes face aux décisions des grandes puissances mondiales, de l’autre quelques groupes déterminés à l’affrontement dont les actions ont fini par occuper l’essentiel de l’attention médiatique.
Pour les photographes qui ont suivi la journée du début à la fin, le souvenir est celui d’une ville aux deux visages : des enfants assis sur les épaules de leurs parents au départ du cortège, puis quelques heures plus tard les flammes d’une voiture en feu se reflétant sur les vitrines protégées du centre-ville. Une image qui rappelle inévitablement les tensions du G8 d’Évian en 2003, lorsque Genève était déjà devenue l’une des scènes de la contestation altermondialiste.
No G7 : de la fête à la confrontation
photos©Christian BONZON








