Nyon, dimanche 31 mai 2026. Dès la mi-journée, les quais se remplissent lentement. Des familles s’installent au bord de l’eau, des passionnés de navigation scrutent déjà l’horizon, tandis que les terrasses débordent d’une foule venue retrouver un spectacle devenu rare sur le Léman.
Treize ans après sa dernière escale nyonnaise, la Parade navale de la CGN faisait son grand retour devant les quais de Nyon. Plus de 8000 personnes étaient attendues pour assister à ce ballet nautique exceptionnel réunissant la prestigieuse flotte Belle Époque et plusieurs embarcations historiques.
Peu après 14 heures, le lac devient une scène. Les silhouettes élégantes de La Vaudoise, La Neptune, Gilliatt ou encore du yacht à vapeur Walkyrie ouvrent la parade. Puis apparaissent les véritables vedettes du jour: les vapeurs Belle Époque de la CGN. Le Montreux (1904), l’Italie (1908), le Savoie (1914) et le Rhône (1927) avancent lentement au large des quais, dans une chorégraphie parfaitement réglée. Trois de ces bateaux sont encore propulsés à la vapeur, faisant résonner leurs sirènes au-dessus du Léman.
Sur les quais, les regards se lèvent. Les enfants pointent les cheminées rouges et noires. Les anciens racontent leurs souvenirs de traversées. Les appareils photo crépitent à chaque croisement de navires.
Ce qui frappe, au-delà de la beauté du spectacle, c’est l’attachement presque affectif que les Romands entretiennent avec ces bateaux. Bien plus que de simples moyens de transport, ils font partie de la mémoire collective du Léman. Certains naviguent depuis plus d’un siècle et continuent de relier les rives du lac comme ils le faisaient déjà au début du XXe siècle.
Pour la première fois, le NAVIEXPRESS Évian-les-Bains, mis en service en 2024, participait également à la parade, offrant un contraste saisissant entre patrimoine et modernité.
Face au Mont-Blanc encore enneigé, les vapeurs Belle Époque dessinent lentement leurs courbes sur une eau presque immobile. Pendant quelques instants, le temps semble suspendu.
À Nyon, ce dimanche, il n’était pas seulement question de navigation ou de patrimoine. Il était question de mémoire, de transmission et de cette relation particulière que les habitants du Léman entretiennent avec leurs bateaux.
Et lorsque les sirènes résonnent une dernière fois au-dessus du lac, c’est tout un morceau d’histoire vivante qui défile sous les yeux des spectateurs.
©photos Christian BONZON








