Une cérémonie qui a commencé vers les 19h30 , sur la Place des Nations à Genève, les écrans lumineux du « Lost Screen Memorial » formaient une forêt silencieuse de visages d’enfants disparus. Cinquante portraits, cinquante histoires brisées par les violences en ligne, le cyberharcèlement ou les dérives invisibles des réseaux sociaux. Mais au-delà du protocole et des discours officiels, c’est un moment profondément humain qui a marqué cette inauguration organisée dimanche soir à la veille de la 79e Assemblée mondiale de la Santé.
Au milieu des familles, des parents endeuillés et des enfants présents sur la place, Meghan, duchesse de Sussex, a longuement échangé avec plusieurs mères et leurs enfants. Loin des caméras officielles, elle s’est approchée des familles, attentive aux regards, aux gestes timides, aux émotions retenues. Un instant simple et bouleversant, où l’on voyait des parents parler de leurs peurs face au monde numérique pendant que les enfants observaient en silence les écrans illuminés portant les visages d’autres jeunes disparus.
Dans son intervention, Meghan a rappelé avec gravité que « le danger voyage désormais globalement, instantanément, invisiblement et intimement », plaidant pour que les protections numériques évoluent avec la même rapidité. Elle a insisté sur le fait que ces enfants n’étaient « ni des statistiques, ni des avatars, mais des vies aimées au-delà des mots ».
L’installation, créée par Archewell Philanthropies en partenariat avec l’OMS et « The Parents’ Network », avait déjà été présentée à New York en 2025 avant d’être installée pour la première fois en Europe à Genève. Chaque écran lumineux représente l’image de verrouillage d’un téléphone appartenant à un enfant décédé après des violences ou dérives liées au monde numérique.
Autour de Meghan se tenaient notamment le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le maire de Genève Alfonso Gomez Cruz ainsi que plusieurs ministres de la Santé venus assister à cette cérémonie à forte portée symbolique.
Dans la lumière froide des panneaux, certains parents pleuraient discrètement. D’autres photographiaient les installations avec leur téléphone, comme pour retenir encore un peu ces visages d’enfants figés dans la mémoire numérique. Et au milieu de cette place genevoise habituellement traversée par les diplomates et les touristes, le silence avait quelque chose de rare : celui d’une douleur collective devenue visible.
inauguration du « Lost Screen Memorial »
Images copyright by Christian BONZON
Geneva, Place des Nations — May 17, 2026
As night fell over Geneva’s Place des Nations, fifty illuminated screens formed a silent memorial of children lost to online violence. Each glowing lightbox carried the lock-screen image of a young life cut short by cyberbullying, online exploitation or digital harm.
Ahead of the 79th World Health Assembly, Meghan, Duchess of Sussex, joined WHO Director-General Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Geneva Mayor Alfonso Gomez Cruz and international health ministers for the inauguration of “The Lost Screen Memorial,” created by Archewell Philanthropies in partnership with The Parents’ Network.
Beyond the official ceremony, one of the evening’s most emotional moments came as Meghan spent time speaking quietly with children and grieving parents gathered on the square. Away from the podium and cameras, she listened attentively, comforting families and sharing intimate exchanges about the dangers young people face online today.
“We’re witnessing new forms of harm emerging faster than our systems can respond,” the Duchess said during her speech. “Children must be safe by design, not by chance.”
In the cold blue light of the screens, the atmosphere became almost motionless. Some parents stood silently before the portraits, others embraced their children tightly. For a few moments, the vast international square of Geneva was transformed into a place of remembrance, grief and collective reflection.

